Lorsqu’une personne décide de consulter, une question revient régulièrement : « Est-ce que je dois choisir l’hypnose ou l’EMDR ? »

La question est parfaitement légitime. Lorsqu’on découvre ces approches, il n’est pas toujours facile de comprendre leurs différences, leurs points communs et surtout de savoir laquelle peut être la plus adaptée à la difficulté rencontrée.

Pourtant, il n’est généralement pas nécessaire de faire ce choix soi-même avant le premier rendez-vous. Une méthode n’est pas sélectionnée uniquement en fonction du nom d’un problème. Deux personnes peuvent consulter pour une difficulté apparemment similaire et avoir besoin d’un accompagnement très différent.

L’objectif d’une première séance est donc aussi de comprendre ce qui se passe, depuis quand, dans quelles circonstances la difficulté apparaît, ce qui l’entretient et la manière dont la personne la vit aujourd’hui.

C’est à partir de ces éléments que l’on peut déterminer quelle approche semble la plus pertinente : hypnose, EMDR, ou parfois une combinaison de différents outils au cours de l’accompagnement.

Hypnose et EMDR : deux approches différentes

L’hypnose et l’EMDR sont parfois présentés comme deux techniques concurrentes. Dans la pratique, cette opposition a peu d’intérêt.

Elles ne fonctionnent pas exactement de la même manière et ne sont pas utilisées dans les mêmes conditions, mais elles peuvent être complémentaires.

L’essentiel n’est donc pas de se demander quelle technique serait « la meilleure » dans l’absolu. Il s’agit plutôt de déterminer quelle manière de travailler correspond à la personne, à son histoire et à l’objectif recherché.

L’hypnose : travailler autrement avec ses automatismes

L’hypnose repose sur un état modifié de conscience, c’est-à-dire une manière particulière de mobiliser l’attention.

Contrairement à certaines idées reçues, une personne sous hypnose ne dort pas et ne perd pas le contrôle d’elle-même. Elle reste présente et peut entendre ce qui se passe pendant la séance.

Nous connaissons d’ailleurs spontanément des états d’absorption comparables dans la vie quotidienne : lorsqu’on est plongé dans un film, absorbé par un livre, concentré sur une activité ou lorsque l’on effectue un trajet familier en ayant momentanément l’impression d’avoir fonctionné « en automatique ».

Dans un cadre d’accompagnement, cet état permet de travailler différemment avec les représentations, les émotions, certains apprentissages et certains automatismes.

On peut en effet parfaitement comprendre consciemment qu’un comportement est devenu gênant et constater malgré tout qu’il continue à se produire.

C’est notamment ce que l’on observe lorsqu’une personne dit :

« Je sais que cela n’a pas de sens, mais je n’arrive pas à faire autrement. »

Cette différence entre ce que nous savons consciemment et ce que nous continuons à ressentir ou à faire automatiquement constitue précisément l’un des intérêts du travail hypnotique.

Dans quelles situations peut-on envisager l’hypnose ?

Les demandes rencontrées en hypnose sont très diverses.

Une personne peut par exemple souhaiter travailler sur certaines peurs, des comportements devenus difficiles à contrôler, des habitudes, certaines réactions émotionnelles ou encore des situations dans lesquelles elle se sent bloquée.

L’hypnose est également connue du grand public pour son utilisation dans l’accompagnement de l’arrêt du tabac.

Mais une consultation ne se résume jamais à appliquer mécaniquement une technique à un symptôme.

Derrière une même demande peuvent exister des fonctionnements très différents.

Prenons l’exemple d’une peur. Chez une personne, elle peut s’être développée progressivement. Chez une autre, elle peut être directement reliée à une expérience précise et particulièrement marquante.

La demande paraît identique, mais la manière de travailler ne sera pas nécessairement la même.

C’est pourquoi l’entretien qui précède le travail proprement dit occupe une place importante dans la séance.

L’EMDR : lorsqu’une expérience continue à produire des réactions dans le présent

L’EMDR est notamment connu pour son utilisation autour des expériences difficiles ou traumatiques.

Son principe repose sur un travail structuré comprenant notamment des stimulations bilatérales alternées, souvent réalisées à partir de mouvements oculaires ou d’autres formes de stimulations adaptées au protocole utilisé.

Certaines expériences peuvent laisser une empreinte émotionnelle importante.

Le temps passe, la personne sait intellectuellement que l’événement appartient au passé, et pourtant certaines réactions peuvent continuer à se manifester : images, émotions, sensations corporelles, appréhension ou réactions déclenchées par certaines situations.

Il existe alors parfois un décalage très net entre la compréhension rationnelle et la réaction émotionnelle.

Une personne peut parfaitement penser :

« Je sais que c’est terminé. »

…tout en constatant que son organisme continue à réagir comme si une partie de l’expérience restait encore très présente.

Le travail en EMDR vise notamment à permettre un retraitement de l’expérience afin que le souvenir puisse être intégré différemment.

L’objectif n’est évidemment pas d’effacer un souvenir. Une expérience vécue reste une partie de l’histoire de la personne.

Ce qui peut évoluer, c’est la charge émotionnelle et les réactions qui lui sont associées.

L’EMDR n’est pas réservé aux événements spectaculaires

Lorsque l’on parle de traumatisme, on pense spontanément à des événements majeurs : accident, agression, catastrophe ou situation mettant directement une personne en danger.

Ces situations peuvent effectivement relever d’un travail spécifique.

Mais certaines expériences moins spectaculaires peuvent également laisser une empreinte importante : humiliation, séparation difficile, événement vécu pendant l’enfance, situation professionnelle éprouvante, expérience médicale difficile, etc.

Ce n’est donc pas uniquement la nature objective d’un événement qui permet de comprendre son impact.

La manière dont il a été vécu par la personne est essentielle.

Deux individus confrontés à une situation similaire ne développeront pas nécessairement les mêmes réactions.

C’est encore une raison pour laquelle il est préférable d’éviter les réponses toutes faites.

Alors, faut-il choisir l’hypnose ou l’EMDR ?

Dans de nombreuses situations, vous n’avez justement pas besoin de le savoir avant de venir.

C’est un point important, car certaines personnes hésitent à prendre rendez-vous simplement parce qu’elles ne savent pas quelle prestation sélectionner.

Le premier travail consiste à comprendre votre demande.

Depuis quand la difficulté existe-t-elle ? Dans quelles circonstances apparaît-elle ? Existe-t-il un événement déclencheur identifiable ? Qu’avez-vous déjà essayé ? Qu’aimeriez-vous voir évoluer concrètement ?

Ces informations permettent ensuite d’orienter le travail.

Dans certaines situations, l’hypnose sera privilégiée.

Dans d’autres, un travail utilisant l’EMDR pourra paraître plus pertinent.

Et il est également possible que différentes approches soient utilisées au cours d’un accompagnement.

Une méthode doit rester un outil, pas devenir une obligation

Après 25 années de pratique, ma façon de travailler repose sur un principe simple : adapter les outils à la personne plutôt que demander à la personne de s’adapter à une méthode unique.

Je pratique notamment l’hypnose classique et ericksonienne, l’EMDR et différentes approches complémentaires.

Cette diversité permet de ne pas enfermer systématiquement une demande dans un protocole prédéfini.

Une technique reste un outil.

L’important est ce que l’on cherche à travailler et la manière dont la personne réagit au cours de la séance.

Cela signifie également que l’accompagnement peut évoluer.

Ce qui paraît pertinent lors du premier rendez-vous peut être ajusté en fonction de ce qui apparaît au cours du travail.

Combien de séances faut-il prévoir ?

C’est également une question fréquente.

Il est tentant d’annoncer à l’avance un nombre précis de séances. En réalité, cela dépend de nombreux facteurs : la nature de la demande, son ancienneté, l’histoire de la personne, l’existence éventuelle de plusieurs difficultés associées et la manière dont le travail évolue.

Une difficulté très ciblée n’implique pas nécessairement le même accompagnement qu’une problématique installée depuis de nombreuses années ou associée à plusieurs expériences.

Il est donc préférable d’évaluer l’évolution progressivement plutôt que de promettre un résultat dans un nombre prédéterminé de rendez-vous.

L’hypnose et l’EMDR sont des outils d’accompagnement. Ils ne permettent pas de garantir un résultat identique pour chaque personne et ne remplacent pas un diagnostic, un traitement ou un suivi médical lorsqu’ils sont nécessaires.

Et si je ne suis pas « réceptif » à l’hypnose ?

La crainte de ne pas être hypnotisable est également fréquente.

Elle provient souvent de l’image spectaculaire de l’hypnose véhiculée par les émissions de télévision ou les spectacles.

L’hypnose d’accompagnement est très différente.

Il n’est pas nécessaire de perdre conscience, de dormir ou de ne plus se souvenir de la séance pour qu’un travail puisse être réalisé.

Les personnes ne vivent d’ailleurs pas toutes l’expérience hypnotique de la même manière. Certaines ressentent une relaxation importante, d’autres restent très conscientes de leur environnement. Certaines perçoivent beaucoup de sensations, d’autres beaucoup moins.

Il n’existe pas une seule bonne manière de vivre une séance d’hypnose.

Et si je ne sais pas expliquer précisément mon problème ?

Ce n’est pas non plus un obstacle.

Il arrive fréquemment qu’une personne sache surtout ce qu’elle ne veut plus vivre sans parvenir immédiatement à expliquer pourquoi cela se produit.

On peut parfaitement commencer à partir de cette situation.

L’entretien sert justement à préciser progressivement la demande et à déterminer un objectif de travail réaliste.

Vous n’avez donc pas besoin d’arriver avec une analyse complète de votre fonctionnement ni de connaître l’origine exacte de votre difficulté.

Des séances au cabinet à Valence ou à distance

Je reçois adultes, adolescents et enfants à Valence, avec une adaptation de l’accompagnement en fonction de l’âge et de la demande.

Certaines séances peuvent également être proposées en visioconférence.

La visioconférence permet notamment de poursuivre un accompagnement lorsqu’il est difficile de se déplacer, lorsque l’on habite loin de Valence ou simplement lorsque cette organisation est plus pratique.

Le choix entre cabinet et visioconférence peut donc lui aussi être discuté en fonction de la situation.

Vous hésitez encore avant de prendre rendez-vous ?

Si vous vous demandez :

« Est-ce que l’hypnose peut correspondre à ma situation ? »

« Est-ce que l’EMDR serait plus approprié ? »

ou simplement :

« Je ne sais pas quelle séance choisir »,

il n’est pas nécessaire d’avoir trouvé la réponse avant de me contacter.

Je propose également un échange découverte de 20 minutes en visioconférence. Cet échange permet de faire connaissance, d’expliquer brièvement votre demande et de poser vos questions avant d’envisager éventuellement un rendez-vous.

Il ne s’agit pas d’une séance d’hypnose ou d’EMDR, mais d’un premier temps d’échange permettant de déterminer plus clairement l’orientation possible de l’accompagnement.

En résumé

Hypnose et EMDR ne s’opposent pas.

Ce sont deux approches différentes qui peuvent répondre à des objectifs différents et, dans certaines situations, être complémentaires.

Vous n’avez donc pas nécessairement à choisir une technique avant votre rendez-vous.

Le point de départ reste votre demande, votre histoire et ce que vous souhaitez aujourd’hui voir évoluer.


Thierry Lemoine
Hypnothérapeute à Valence – 25 ans d’expérience
Hypnose classique et ericksonienne – EMDR – DNR
Séances au cabinet à Valence et en visioconférence